Le passeport numérique produit, expliqué aux marques de textile

L'Union européenne prévoit qu'à terme chaque vêtement vendu en Europe porte un passeport numérique : un code sur le produit qui mène à sa composition, son origine et sa fin de vie. Voici ce qui est décidé, ce qui ne l'est pas encore, et ce que vous pouvez préparer dès maintenant.

Mis à jour le · 5 min de lecture

Ce qu'est le passeport numérique produit

Le passeport numérique produit, ou DPP pour « digital product passport », rassemble les informations d'un produit et les rend accessibles en ligne, depuis un support posé sur le produit lui-même : un QR code, une puce NFC ou une étiquette RFID. Chaque passeport est rattaché à un identifiant unique, qui désigne un modèle, un lot ou une pièce selon ce que le texte propre à chaque famille de produits demandera.

Il s'adresse à plusieurs lecteurs : le client qui veut savoir ce qu'il achète, le réparateur, le recycleur, et les autorités de contrôle. Certaines informations seront publiques, d'autres réservées à ceux qui en ont besoin.

D'où il vient : le règlement ESPR

Le passeport est l'un des outils du règlement (UE) 2024/1781 sur l'écoconception des produits durables, dit ESPR, entré en vigueur le 18 juillet 2024. Ce règlement ne fixe pas lui-même les exigences de chaque produit : il charge la Commission de les fixer famille par famille, par des actes délégués. Chacun dira ce que le passeport de sa famille doit contenir, et à partir de quand.

La Commission a publié en avril 2025 son plan de travail pour 2025 à 2030. L'habillement y figure parmi les priorités, aux côtés notamment des meubles, des pneus, des matelas, de l'acier et de l'aluminium.

Certaines batteries, de véhicules électriques et industrielles, ouvriront la marche avec leur propre règlement : leur passeport s'applique à partir de février 2027.

Le calendrier pour le textile

  1. 18 juillet 2024Entrée en vigueur du règlement ESPR
  2. Avril 2025Plan de travail 2025-2030 : l'habillement parmi les priorités
  3. Février 2027Premier passeport obligatoire, pour certaines batteries
  4. Fin 2027, prévuAdoption de l'acte délégué textile, qui fixera le contenu du passeport
  5. 2029 au plus tôtApplication aux vêtements, au moins dix-huit mois après l'acte, sauf exception

La page de la Commission consacrée au textile prévoit l'adoption de l'acte délégué au quatrième trimestre 2027, et prévient que ce calendrier peut évoluer. Le règlement laisse ensuite en principe au moins dix-huit mois aux entreprises pour s'adapter. Si ce calendrier tient, l'obligation ne s'appliquerait donc pas aux vêtements avant 2029.

Ce que contiendra le passeport d'un vêtement

Le contenu exact sera fixé par l'acte délégué. La Commission cite déjà les grandes familles d'informations attendues :

  • L'identification du produit et ses caractéristiques
  • La composition en fibres
  • Les conseils d'utilisation et d'entretien
  • Les informations de fin de vie et de recyclage
  • L'origine, et l'identité des entreprises qui l'ont mis sur le marché

Une partie recoupe ce que la loi AGEC demande déjà en France aux marques de textile, comme les pays de tissage, de teinture et de confection, ou la part de matière recyclée. Le guide du QR code sur étiquette de vêtement détaille cette fiche produit.

Ce que le passeport change en magasin

Quand chaque vêtement portera un code, scanner une étiquette deviendra un geste courant. Le client y trouvera au minimum les informations réglementaires. Il pourra aussi trouver, sur la même page ou juste à côté, ce que la marque veut lui dire : l'histoire du modèle, la façon de le porter, une offre, une invitation à rester en contact.

Le passeport sera le même pour toutes les marques ; ce qu'elles montrent autour reste leur choix. Les règles techniques du support restent à préciser : format du code, identifiant, normes de lecture. En attendant, la prudence consiste à poser des codes qui mènent à une adresse que vous contrôlez, plutôt qu'à celle d'un prestataire qui pourrait changer.

S'y préparer dès maintenant

  • Rassembler les données de chaque modèle : composition, pays de tissage, de teinture et de confection, part de matière recyclée
  • Donner à chaque modèle un identifiant stable, par exemple le code GTIN de son code-barres
  • Choisir des étiquettes qui tiendront toute la vie du vêtement, pour y poser un code
  • Habituer vos clients à scanner, avec une page qui leur apporte quelque chose dès aujourd'hui

Ce que Klitch fait, et ce qu'il ne fait pas

Klitch ouvre une page par produit depuis un QR code ou une puce NFC : l'histoire du modèle, une vidéo, le guide des tailles, l'entretien, un formulaire de contact, et la mesure des scans magasin par magasin. C'est la partie du scan qui s'adresse au client, et elle sert dès aujourd'hui.

Klitch n'émet pas de passeport numérique réglementaire et ne promet aucune conformité au règlement ESPR, dont les exigences pour le textile ne sont pas encore écrites. Si votre marque publie déjà sa fiche AGEC, la page ouverte par le code peut y mener.

Questions fréquentes

Le passeport numérique est-il déjà obligatoire pour les vêtements ?

Non. L'acte délégué qui fixera son contenu pour le textile est prévu fin 2027, et l'obligation suivra en principe au moins dix-huit mois plus tard.

Faudra-t-il un QR code, une puce NFC ou une étiquette RFID ?

Le support sera précisé par l'acte délégué. La Commission cite le QR code en exemple, et le règlement admet d'autres supports lisibles par un appareil.

Le passeport remplacera-t-il l'étiquette de composition ?

Rien n'est arrêté. La Commission a annoncé une révision du règlement sur l'étiquetage des textiles, qui pourrait faire une place à l'étiquette numérique ; d'ici là, l'étiquette de composition reste obligatoire.

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